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N° 2 / 2015

DANS LA VAGUE

Les grands espaces, les forêts, les lacs, les

montagnes... le Canada jouit d'une belle

image vu d'Europe, où son avant-gardisme

environnemental est souvent vanté. Pourtant

si le pays possède effectivement des

richesses naturelles exceptionnelles et

qu'une grande partie du territoire demeure

inhabitée, la politique environnementale

menée par Ottawa depuis l'arrivée au

pouvoir des Conservateurs, en 2006, est,

elle, décriée par les écologistes du monde

entier qui l'accusent de ne rien faire contre

le changement climatique, et même d'y

contribuer en investissant dans l'exploitation

des sables bitumineux dans la province

de l'Alberta. L'extraction dans le sol d'un

pétrole non conventionnel, mélangé à du

sable et de l'eau, et sa transformation sont

extrêmement polluantes. En signant le pro-

tocole de Kyoto il y a 10 ans, le Canada

comme la plupart des pays riches à l'ex-

ception des États-Unis s'était engagé par

écrit à réduire ses émissions de gaz à effet

de serre (GES), mais le Premier ministre

canadien Stephen Harper a fait machine

arrière, désengageant le pays en 2011. Au

printemps dernier, quelques semaines avant

qu'il ne déclenche des élections, le Gou-

vernement Harper a annoncé qu'il s'était fi-

nalement fixé ses propres objectifs : réduire

de 30 % les GES d'ici 2030 sur la base de

2005. Les observateurs politiques estiment

que c'est impossible, car la production de

pétrole en Alberta est en expansion, ce

qui se traduit par une hausse des rejets.

Le Président Obama pourrait par ailleurs

annoncer avant l'élection fédérale cana-

dienne qu'il s'oppose à la création d'un

méga-oléoduc chargé de transporter le

pétrole de synthèse de l'ouest du Canada

aux raffineries du sud des États-Unis. Ce

serait un coup dur pour Ottawa qui mise

sur cette infrastructure pour dynamiser sa

croissance économique.

Par Nicolas Fréret

Comme ses voisins des Balkans occidentaux

(Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro,

Macédoine), la Serbie est candidate à

l'intégration européenne. Le pays est même

assez bien avancé dans ce long processus,

puisque les négociations ont été ouvertes

en janvier 2014. La question européenne

fait désormais largement consensus en

Serbie, du moins parmi les élites politiques et

économiques : les majorités parlementaires qui

se sont succédées à Belgrade — de centre-

gauche puis de droite nationaliste — affirment

à l'unisson que l'intégration européenne

représente leur

« priorité stratégique »

. La

Serbie a réglé, dès la fin des années 2000,

la principale condition posée par Bruxelles,

à savoir une coopération

« pleine et entière »

avec la justice internationale et a également

engagé un processus de

« normalisation »

de ses relations avec le Kosovo, sans aller

toutefois jusqu'à reconnaître l'indépendance

de son ancienne province. Dans le même

temps, Belgrade entretient des relations

étroites avec Moscou, économiques, militaires

mais surtout politiques. La Serbie a ainsi refusé

d'appliquer les sanctions prises par l'UE contre

la Russie en raison de la crise ukrainienne. Pour

les dirigeants serbes, le maintien de relations

étroites avec Moscou n'est pas incompatible

avec le rapprochement européen. Sur le plan

militaire, Belgrade a opéré un rapprochement

marqué avec l'OTAN, mais sans se porter

candidate à l'adhésion. La Serbie tient

en effet à conserver sa neutralité, et son

armée pratique régulièrement des exercices

communs, tant avec la Russie qu'avec les

armées occidentales. Ce subtil jeu d'équilibre

pourra-t-il longtemps se poursuivre ?

Par Jean-Arnault Dérens

Depuis janvier 2015, ce sont des dizaines

de milliers de réfugiés qui ont emprunté la

route des Balkans pour tenter de pénétrer

la « forteresse Europe ». Il s’agit principa-

lement de Syriens fuyant la guerre. Depuis

la Turquie, via la Grèce, ils effectuent la

traversée de la Macédoine, de la Serbie

et enfin de la Hongrie, premier des pays

de l'espace Schengen. Désormais, cette

« route des Balkans » draine des flux plus

importants que celle de la Méditerranée.

Avec l'arrivée de l'hiver, les réfugiés

seront peut-être moins nombreux, mais la

Turquie abrite 1,7 millions de réfugiés sy-

riens, et la guerre n’en finit pas de ravager

ce pays.

Par J-A. D.

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