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DOSSIER

41

N° 2 / 2015

rizren est la perle ottomane du

Kosovo, nichée au pied des mon-

tagnes qui font frontière avec l’Al-

banie.

Les vieilles mosquées jouxtent

les églises orthodoxes construites

quand la ville était la capitale de l’Em-

pire serbe, au XIV

e

siècle. Chaque ma-

tin, une heure après son réveil, Naser,

un entrepreneur rom qui habite le quartier de Qulhan, a déjà

employé quatre langues : le romani, la langue de l’intimité fa-

miliale, l’albanais, langue aujourd’hui dominante au Kosovo,

le serbo-croate utilisé par les voisins slaves musulmans et le

turc, qu’il utilise pour saluer le petit commerçant turc qui loue

le rez-de-chaussée de sa maison. À Prizren, tout le monde

maîtrise ces quatre langues, même les enfants dès qu’ils com-

mencent à parler, et le turc constitue toujours la

lingua franca

de la ville, la langue commune d’échange entre les différentes

communautés. Après la guerre du Kosovo, en 1999, et lors des

émeutes de 2004, la quasi-totalité des Serbes ont été chas-

sés de Prizren, mais la ville demeure multiethnique et multi-

P

Les Balkans,

cette «macédoine » de peuples

et de minorités nationales…

Telle est l’image communément

associée à la région.

Cet enchevêtrement de langues,

de cultures, de religions est un

legs de l’Histoire.

Décryptage.

Par Jean-Arnault Dérens ¬

LES BALKANS,

une mosaïque fragile

LES BALKANS

© Milosk50 / Shutterstock