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ESCALES

66

N° 2 / 2015

CANADA

ien ne m’a paru si beau et si ma-

gnifique que la situation de la ville

de Québec […] quand elle devrait

devenir un jour la capitale d’un

grand empire. »

Ces mots sont

du comte de Frontenac ; il les

écrivit en 1672 dès son arrivée

à Québec, tout juste investi

par Louis XIV du titre de gou-

verneur général de la Nou-

velle-France.

Acariâtre et belliqueux certes,

mais aussi visionnaire et am-

bitieux, il pacifiera les redou-

tables Iroquois. C’est lui qui

repoussera l’assaut de l’amiral

anglais Williams Phipps. C’est

également lui qui lancera vers

les Pays d’en-Haut les explora-

teurs qui feront la fortune de la

jeune colonie grâce au lucratif

négoce des peaux de castor.

Par Denis Angers ¬

Le visiteur de la ville de Québec peut

vivre une expérience unique en Amérique

du Nord: remonter le temps jusqu’au

XVIII

e

siècle, à l’époque glorieuse

de la Nouvelle-France.

laNouvelle-France

Les vestiges de

R

«

Aujourd’hui, que reste-il de Frontenac àQuébec ?Un

souvenir de gloires passées et, surtout, un spectacu-

laire hôtel perché au sommet du cap Diamant.

Incontournable à qui découvre Québec, le château

Frontenac est construit tout près des ruines du

château Saint-Louis, résidence des gouverneurs

de la Nouvelle-France. Il avoisine les vestiges des

hauts lieux de la période coloniale française (mo-

nastère des Ursulines et séminaire de Québec) et

surplombe ce qui en fut le cœur commercial deux

siècles durant : la place Royale.

Dans la ville basse, le visiteur est invité à parcourir

les rues pavées qui entourent l’église Notre-Dame

des Victoires, datant de 1688 et dont le nom rap-

pelle les exploits militaires de Frontenac et de ses

successeurs. On distingue, devant son parvis, les

traces au sol de l’habitation construite dès 1608 par

le fondateur de Québec, Samuel de Champlain.

L’ensemble architectural évoque incontestable-

ment les régions du Nord, tant par sa volumétrie

que par son architecture. Ces immeubles de trois

étages sont les témoins du commerce triangu-

laire qui prévalait alors entre la France, ses colo-

nies antillaises et le Canada. Dans les entrepôts

voûtés aménagés sous les résidences cossues des

négociants de Québec, on empilait les peaux de

castors à expédier outre-Atlantique, les barils de

rhum importés des Antilles. C’est le lieu fondateur

d’une riche histoire que raconte lemusée de la place

Royale.

Objet d’un minutieux travail de reconstruction

durant les années 1970, les bâtiments de la place

Royale témoignent de la vie à Québec vers 1740,

à l’apogée de la Nouvelle-France. Ils reflètent les

techniques de construction du temps, présentent

les divers recouvrements de toiture utilisés à

l’époque : ardoise, bardeaux de cèdre, tôle peinte

de couleurs vives…

On y trouve également la spectaculaire

Fresque des

Québécois

, réalisation d'une co-entreprise franco-

québécoise qui a amené les artistes de CitéCréa-

tion de Lyon à partager leur maestria de la pein-

ture murale en trompe-l'œil avec les collègues

québécois. Ce mur de 660 m

2

présente l’histoire

de Québec et les accomplissements d’une tren-

taine de personnages illustres de la ville.

Tout près, la rue Sous-le-Fort mène à un funicu-

laire aménagé à l’arrière de la maison de Louis

Jolliet, un grand parmi les grands de l’exploration

française en Amérique. Ce lien original vers la ville

haute permet d’embrasser le panorama unique

de la capitale. Il dépose le passager au pied de la

monumentale statue de Champlain, jouxtant le

château Frontenac et bouclant en quelque sorte la

boucle du Québec colonial français.

RdM

© Pri Ma / Shutterstock.com