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ESCALES

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N° 2 / 2015

de l’Empire ottoman qui mena

des conquêtes jusqu’en Hongrie,

avant de devoir s’arrêter à Vienne

trois ans plus tard. Du haut de la

tour, la vue se déploie sur Zemun

et son architecture baroque, le

Danube et la vaste plaine agricole

du Pancevacki Rit. Les grands-

parents paternels de Theodor Herlz,

le fondateur du sionisme, sont en-

terrés dans le vieux cimetière juif

en bordure du quartier.

Le musée Tesla

Les cendres du génial découvreur

de l’électricité reposent dans une

urne en forme de sphère. Belgrade

a voulu rendre hommage à Nikola

Tesla (1856-1943), ingénieur austro-

hongrois d’origine serbe, né à Smil-

jan, en Croatie, et mort à New York,

visionnaire, auréolé de gloire mais

sans-le-sou. Lemusée, créé en 1952,

recèle une collection unique au

monde de dizaines de milliers de

documents originaux, ainsi qu’une

foule d’objets historiques et scien-

tifiques. Il est situé au 51 de la rue

Krunska, dans la maison d’un in-

dustriel du début du XX

e

siècle. En

1926, l’inventeur de la bobine Tesla,

du radar et des robots télécomman-

dés écrivait :

« Grâce à la télévision

et à la téléphonie [sans fil, ndlr.], nous

verrons et entendrons les autres aussi

parfaitement que s’ils étaient en face de

nous, malgré les distances de milliers

de kilomètres, et l’instrument qui nous

permettra de faire cela tiendra dans la

poche d’une veste. »

RdM

LES INDISPENSABLES DE...

PHILIPPE BERTINCHAMPS

Le quartier général de l’armée,

15 rue Nemanjina

Le marché de Kalenic,

boulevard Maksima Gorkog

La Villa des fleurs, 6 rue Boticeva

Gardos, boulevard Grobljanska

Le musée Tesla, 51 rue Krunska

broderies ou de superbes objets en

bois sculpté. Autour du marché,

de petites échoppes permettent de

manger des grillades ou une soupe

revigorante.

La Villa des fleurs,

dernière demeure du

camarade Tito

C’est dans une villa blanche et mo-

derniste à l’architecture épurée que

repose Josip Broz, dit Tito, le fonda-

teur de la Yougoslavie socialiste et

autogestionnaire. Originaire des

confins slovéno-croates, l’homme

qui a dirigé le pays durant 35 ans,

mort le 4 mai 1980, a été enterré

dans la capitale fédérale de l’État

qu’il a créé. L’ambiance est intime,

sans rien de commun avec le faste

pompeux des mausolées sovié-

tiques. On accède à la tombe de

Tito et de son épouse Jovanka Broz,

décédée le 20 octobre 2013, en pas-

sant par un jardin fleuri. Quelques

pavillons contiennent les cadeaux

offerts au couple et des photogra-

phies qui rappellent le prestige de

l’État disparu, quand la Yougosla-

vie tenait tête aussi bien à Moscou

qu’à Washington et que Belgrade

était la capitale du Mouvement des

non-alignés et des révolutions anti-

coloniales. En contrebas, le musée

d’histoire de la Yougoslavie permet

de revisiter cette période, sans ta-

bou ni langue de bois.

Gardos, de l’autre côté

de la Save

Ce quartier, bâti sur une colline

au cœur historique de la ville de

Zemun, avec ses rues étroites et

pavées bordées de petites maisons

basses et d’estaminets, invite à la

promenade. Gardos est dominé

par une haute tour en briques, éri-

gée sur les ruines d’une forteresse

médiévale : la tour du Millénaire,

construite en 1896 pour célébrer

le millième anniversaire de la pré-

sence des Hongrois dans la plaine

de Pannonie. C’est aussi là qu’en

1521, les Serbes se battirent contre

Soliman le Magnifique, ce sultan

SERBIE : BELGRADE

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