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ESCALES

71

N° 2 / 2015

iji est une petite île d’à

peine 6 km de long pour

1 de large sur le lac Onega

à près de 450 km au nord

de Saint-Pétersbourg.

Classée au patrimoine mondial de

l’UNESCO en 1990, cet ensemble archi-

tectural appelé pogost (paroisse) est un

joyau qui comprend deux églises, l’une

d’hiver, toute en longueur, et l’autre d’été,

la sublime église de la Transfiguration du

Seigneur.

En Russie, il est fréquent de retrouver ce

© Jejim / Shutterstock

Mondialement connue et escale incontournable des

croisières en Russie, l’île de Kiji possède un ensemble

paroissial à l’architecture audacieuse et féerique.

Kiji,

Par Sébastien Righi ¬

perle de la Carélie

RUSSIE : KIJI

couplage entre église d’été et d’hiver. À cet

égard, l’église de l’Intercession — chauffée

en hiver — offre un élégant contrepoint

aux élévations de la Transfiguration.

Construite toute en longueur en 1764,

elle ne comporte que huit bulbes autour

de sa coupole principale. Un carillon,

reconstruit en 1874 et récemment rénové,

au centre des deux églises, achève cet en-

semble fermé par un muret en rondins de

bois. Kiji recèle d’autres merveilles comme

la chapelle Saint-Lazare datant de 1391 – la

plus ancienne construction en bois du

pays – qui a été transférée du monastère de

Mouromski. D’autres chapelles au centre

de l’île, et notamment la chapelle des

Trois-Prélats construite au XVIII

e

siècle en

provenance du village de Kavgora en Caré-

lie, charment par leur beauté modeste.

Depuis janvier 1966, unmuséehistorique

enpleinair complèteharmonieusement cet

ensemble. Il témoignedes techniques tra-

ditionnelles d’architecture russe avec l’ajout

debâtiments enprovenancedeCarélie :

plusieurs chapelles,maisons et fermes enbois

ainsi que leplus vieuxmoulinà vent deRussie.

Miraculeusement préservé et plusieurs

fois rénové et enrichi, ce site d’édifices

religieux constitue un héritage unique en

Russie, au milieu d’un environnement

naturel splendide et parfois hostile où la

houle sur le lac Onega provoque de véri-

tables tempêtes.

L’ÉGLISE DE LA

TRANSFIGURATION DU

SEIGNEUR

Son édification débute le 6 juin 1714 en

l’honneur des victoires de Pierre le Grand

sur les Suédois —d’après la date inscrite sur

la croix à côté de l’autel —, à l’emplacement

d’une ancienne église foudroyée. D’après

la légende, elle aurait été construite par un

artisan à l’aide d’une hache unique qu’il

aurait ensuite jetée dans le lac Onega.

Il s’agit d’une église d’été, sans chauffage,

construite en rondins de bois de sapin

disposés en octogones sur quatre niveaux.

Malgré ce que dit la légende, des clous ont

été utilisés pour la charpente. L’édifice

mesure 37 m de haut et 22 bulbes de formes

et de dimensions différentes s’échelonnent

à différents niveaux sur ses toits. Cette

structure audacieuse lui donne l’air d’une

« hydre fantastique »

selon l’expression de

l’historien de l’art russe Louis Réau.

Au XIX

e

siècle, les bulbes ont été recou-

verts de 32000 écailles de fer blanc qui

offrent des reflets dorés, perlés ou argentés

suivant la lumière.

Depuis 1994, l’église est redevenue un

lieu de culte. À l’intérieur, son iconostase

à quatre étages est décorée de 102 icônes

dont les plus anciennes, de style nordique,

remontent au XVII

e

siècle. Unique en son

genre, l’église de la Transfiguration du

Seigneur lance ses flammes dans le ciel

blafard de Carélie.

RdM

K