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ESCALES

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N° 2 / 2015

oins connue en Europe oc-

cidentale que l’Ermitage à

Saint-Pétersbourg, la Galerie

Tretiakov abrite pourtant des œuvres ex-

trêmement célèbres en Russie, dont cer-

taines sont devenues des références si

populaires qu’elles s’affichent aussi bien

sur des boîtes de bonbons que dans des

calendriers… Si bien qu’une visite au mu-

sée s’apparente parfois pour un Russe à un

retour en enfance, nourrie de contes et de

manuels d’histoire.

La galerie retrace cette grande épopée tra-

gique qu’est l’Histoire russe. La visite com-

mence par la salle des icônes et notamment

La Trinité

de Roublev qui dépeint le ras-

semblement des chrétiens russes contre la

domination mongole, mythe fondateur de

la nation. À cette riche collection d’icônes

s’ajoute le meilleur de la peinture russe

du XIX

e

siècle avec notamment de nom-

breuses œuvres d’Ivan Kramskoi, de Vassili

Perov ou de Victor Vasnetsov. En 1985, « la

Trétiakov » comme l’appellent les Mosco-

vites, fut rattachée à la galerie de peinture

d’État qui regroupe des œuvres russes du

XX

e

siècle et notamment des statues ca-

ractéristiques du réalisme socialiste, qui

font du grand parc un étonnant cimetière

de statues déboulonnées. La Galerie Tre-

tiakov peut aujourd’hui s’enorgueillir de

présenter une collection allant des icônes

du XII

e

siècle jusqu’à la

Composition VII

de

Kandinsky.

C’est à 28 ans en 1856, que Pavel Tretiakov

pose la première pierre de sa collection. Il

Fondée à la fin du XIX

e

siècle grâce au don du négociant

Pavel Tretiakov, la galerie qui porte son nom possède la

collection d’art russe la plus riche de Moscou. Sa nouvelle

directrice Zelfira Tregoulova ouvre une nouvelle page

de l’histoire du musée.

Par Sébastien Righi ¬

Nouveau cap

à la Galerie Tretiakov

la lèguera par la suite en 1892, riche de 1287

peintures, avec ce testament :

« Pour moi,

qui aime la peinture sincèrement et passionné-

ment, il ne peut y avoir de meilleure volonté que

celle de donner naissance à un conservatoire

d'œuvres d'art public, ouvert à tout le monde,

utile pour beaucoup de personnes et pour le plai-

sir de tous. »

Cette ambition qu’exprimait son fondateur

semble reprise à son compte par la nou-

velle directrice, Zelfira Tregoulova. Dans

une interview accordée à RBTH le 1

er

mars

2015, elle développe les axes de sa politique

et notamment les améliorations enmatière

d’accueil du public et de marketing :

« La clé

du succès pour tout musée est le confort du pu-

blic. Les expositions sont la partie la plus visible

de ce que fait un musée. Mais aussi merveilleux

que soit le contenu, le design de l'exposition oc-

cupe une place importante : le public est habitué

aux gadgets et il est désormais impossible de ne

pas recourir aux technologies. J'ai l'intention

d'étudier les projets et de réfléchir à la façon de

rendre les expositions plus marquantes et at-

trayantes. »

Pari est pris que l’on verra bien-

tôt des écrans tactiles dans le musée.

Elle ambitionne également de grands pro-

jets à long terme et une politique culturelle

de promotion de l’art russe :

« L'art russe est

largement sous-estimé dans le monde, surtout

en ce qui concerne l'art de la première moitié du

XIX

e

siècle que l'on peut appeler l'âge d'or de la

peinture russe. Je me rappelle du succès phéno-

ménal de l'exposition

L'âge d'or de la peinture

hollandaise

, consacrée à la même période, au

Metropolitan. Je suis persuadée qu'une exposi-

tion équivalente d'art russe jouirait également

d’un grand succès. J'espère pouvoir réaliser un tel

projet prochainement. »

Voilà des projets et des ambitions que n’au-

rait pas reniés le négociant Pavel.

RdM

M

RUSSIE

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