RDM03 - virtuel - page 8

RDM Magazine
/ N°3 /mars–mai 2016
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RDM : Pourquoi avoir choisi de co-
organiser des croisières ?
Christophe Barbier
: La première
pour les soixante ans de
L’Express
a été un
tel succès et un tel bonheur à vivre qu’on
a voulu recommencer. Le mélange était
formidable, entre les visites culturelles,
le plaisir de la croisière et la chaleur
des rencontres : nous avons voulu
transformer cela en tradition annuelle !
RDM : Pour l’historien de
formation que vous êtes, la Grèce
où vous êtes allé devait être un
merveilleux retour aux sources ?
C. B.
: On a eu la chance d’avoir un
conférencier formidable. Quand on est
avec un tel érudit à Delphes et à Olympie,
qui rend les choses aussi limpides, on a
l’impression de vivre en Grèce antique.
RDM : L’une des nombreuses
conférences portait sur le théâtre
grec. Vous êtes d’ailleursmonté sur
scène durant cette croisière…
C. B.
: J’étais ravi qu’on puisse consacrer
assez de temps au théâtre grec. C’est plus
que du théâtre, c’est unemanière de parler
« religion ». La démocratie, elle est venue
aussi par le théâtre. Cette année, on a
fait une sorte de politique-fiction où on
a simulé ce que seraient les premiers pas
l’an prochain d’un président de gauche ou
de droite, oumême d’extrême-droite.
RDM:Quelle est la chosequi vous a le
plusmarqué lorsde cette croisière ?
C. B.
: C’est le souvenir de Delphes à
la nuit tombante. Les statues en ruine
dressées, les temples qui étaient encore
là, au loin des traces de stade ou de
voies… C'était vraiment magique.
RDM : Qu’est-ce qui vous plaît dans
laMéditerranée ?
C. B.
: Tout l’aspect civilisationnel.
Je suis né en Haute-Savoie, je suis un
montagnard, la mer ça n’est pas mon
truc. Ce qui m’intéresse, c’est ce que les
hommes ont fait de la Grèce, et ce que
la Grèce a fait des hommes il y a plus de
2500 ans. En parallèle de cette histoire, il
y a celle de la chrétienté, dont le mélange
va donner notre Europe.
AV EC CHR I S TOPHE BARBI ER
Il dirige lemagazine
L’Express
depuismaintenant dix ans. Habitué des salles de rédaction et des plateaux de
télévision, l’homme à l’écharpe rouge anime aussi des conférences durant des croisières.
Interview Florian Delisle ¬
RDM : Les croisiéristes ont-ils la
chance de vous croiser demanière
plus intime, sans votre fameuse
écharpe rouge ?
C. B.
: Quand je joue sur scène des
personnages, je tombe l’écharpe rouge.
Sinon je l’ai toujours, du matin jusqu’au
soir ! J’ai accueilli tous les passagers au
départ à Marseille, et au gré des dîners ou
dans les couloirs, j’ai à peu près parlé avec
tout le monde, en tout cas avec tous ceux
qui le souhaitaient.
RDM: L’endroit oùvous aimezpasser
leplusde temps sur lebateau?
C. B.
: Je répondrais volontiers : la scène,
celle des conférences et des pièces de
théâtre ! Après, sur le pont supérieur du
bateau, le soleil couchant sur la mer, c’est
absolument divin.
RDM : Et prendre le large, c’est
quelque chose qui vous tente ?
C. B.
: Non. Au contraire ce qui me tente,
c’est d’être à 110% dans l’action. Ça me
rattrapera sans doute un jour, mais à mon
avis, pas avant la présidentielle 2017 !
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INTERVIEW /
DANS LA VAGUE
Photographie C. Barbier © Florian Chavanon
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