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RDM Magazine
/ N°4 / juin–septembre 2016
Eskimos, Esquimaux
ou Inuit ?
La terminologie française
Esquimaux (Eskimos selon
l’orthographe anglaise) définit
les peuples autochtones de
l’Arctique vivant au Groenland,
en Alaska, Sibérie orientale
et dans le Grand Nord cana-
dien. Ce terme a été popularisé
par les explorateurs du XIX
e
siècle
pour désigner principalement
les Inuit qui constituent la majeure
partie et les Yupiks, sans distinc-
tion. Aujourd’hui ce terme est
considéré comme discriminatoire
et n’est plus usité. On parlera
dès lors d’Inuk (au singulier)
et d’Inuit (forme plurielle) pour
parler de ce peuple.
S. D. ¬
annotant et en dessinant tout ce qu’il peut de cette
« civilisation
du phoque »
. Plus que la glace ou le climat, Paul-Émile Victor
s'intéresse à leur mode de vie et à leurs traditions.
LE TOUT MÉCANIQUE
Février 1947. Paul-Émile Victor entreprend cette fois de
mener des expéditions polaires d'envergure au nom de la
science et de son pays. En Amérique, il s'est frotté aux nou-
velles techniques des expéditions polaires qui ont désormais
basculé dans l'ère du tout mécanique. Avec la complicité de
fidèles compagnons, on crée en février 1947 les Expéditions
polaires françaises (EPF), une structure destinée à organiser
des campagnes d’explorations scientifiques au Groenland.
Fort de son expérience chez les Américains, il orchestre ses
futures expéditions qui s'appuieront sur des moyens méca-
nisés disponibles (avions, hélicoptères ou chenillettes) pour
débarquer et surtout s'installer durablement au centre de la
calotte glaciaire du Groenland. Pressent-il que cette masse
de glace peut renseigner l'homme sur l'histoire de la Terre et
de son climat ?
Une certitude, l'Arctique suscite désormais l'intérêt des
grandes puissances. Russes et Américains s'y font face, se
toisent et s'observent depuis leurs bases aériennes ou mé-
téorologiques avancées respectives, redoutant un tir de
missile ennemi. Plus pragmatiques et débrouillards, Victor
et les Français entreprennent d'installer une base au centre
du Groenland – l'Eismitte – pour observer durablement et
pendant plusieurs mois ce milieu hostile et encore inconnu.
Pareille entreprise ravit les décideurs à Paris – la France a be-
soin de héros et d'idéaux – et l'opinion publique qui a plus
que jamais besoin de rêver et de s’évader.
Les explorateurs d'après-guerre vont ainsi se partager le
gâteau : Maurice Herzog pour l’Annapurna et les hauts
sommets, Jacques-Yves Cousteau pour les océans, Haroun
Tazieff pour les volcans et Paul-Émile Victor pour les pôles.
Sous sa houlette, 150 explorations polaires vont être organi-
sées de 1947 jusqu’à 1976 au Groenland et en Terre-Adélie.
5000 hommes, dont 2500 scientifiques vont participer à ces
campagnes d’exploration en Arctique et en Antarctique. Des
découvertesmajeures vont être réalisées notamment enma-
tière de glaciologie.
ET AUJOURD’HUI ?
Aujourd’hui encore, les EPF – devenues l’Institut polaire
français Paul-Émile Victor (IPEV) depuis 2002 – continuent
d’envoyer sur le terrain nombre de scientifiques épaulés par
des logisticiens, principalement en Terre-Adélie et dans les
Terres australes et antarctiques françaises (Taaf). On y étu-
die la paléoclimatologie – l’étude du climat passé par des fo-
rages dans la calotte glaciaire –, les effets du réchauffement
climatique sur la fonte de la banquise, la couche d’ozone,
l’effet de serre, la composition chimique de l’atmosphère. Un
savoir-faire à la fois logistique et scientifique éprouvé qui fait
de la France une nation polaire à part entière.
RdM
GROENLAND /
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