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RDM Magazine
/ N°4 / juin–septembre 2016
D
ans le village de Tiniteqi-
laaq, qui compte à peine
130 habitants, comme
partout au Groenland,
les hommes ont la chasse
dans le sang. De père en
fils. Pas un qui ne possède
son bateau pour partir en
mer et par là même nour-
rir sa famille et gagner un
salaire. Car pêcher reste souvent la seule source de revenus.
Cemode de vie traditionnel – la chasse s’opère aussi bien l’été
que l’hiver à travers les plaques de banquise où des trous sont
creusés ou entre les icebergs – fait partie de la culture polaire
inculquée dès le plus jeune âge. On voit partout sécher du
poisson et des morceaux de phoques autour des maisons.
Le reste de la pêche qui n'est pas destiné à la consommation
personnelle est traité à l’usine du village, débité en filets qui
seront congelés afin d’être exportés en bateau depuis Tasii-
laq, la septième ville du Groenland avec à peine plus de 2000
habitants. Plus d’une centaine de tonnes de loups demer, ca-
billauds et flétans sont traités tous les ans.
Cette pratique quasi industrielle n’a pas quarante ans. Avant
l’ouverture de l’usine, le poisson était séché et salé par les pê-
cheurs eux-mêmes qui le vendaient de village en village par
cabotage. Aujourd’hui l’usine, gérée par Royal Greenland,
une société contrôlée par l’État, paie chaque pêcheur au kg :
1,5 euro pour le flétan – qui se pêche toute l’année – et à peine
67 centimes le loup de mer. Des revenus très fluctuants pour
une vie rude où les accidents ne sont pas rares et endeuillent
presque chaque famille au Groenland, comme l’ancienne
Première ministre, Aleqa Hammond, dont le père a été tué
lors d’une expédition de chasse à la baleine en tombant à tra-
vers la glace.
ISLANDE /
DOSSIER
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