Magazine #5 RDM - Rivages du Monde - page 10

RDM Magazine
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N°5
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octobre–janvier 2016–2017
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L’ INS TANT PHOTO
Amies et amis croisiéristes, vous aussi envoyez-nous vos photos à :
nous les publierons dans nos prochains numéros.
LE DÉGEL RUSSE
Par Nicolas Martin
¬
>
Kampong
Cham,
Cambodge
Béatrice
Le Bais,
35 ans,
kinésithérapeute
I
l y a tout au nord de la Sibérie
une île paradisiaque. Pas
pour ses plages de sable fin,
bien entendu…Mais elle l’est
pour les chasseurs d’ivoire et les
paléontologues. La Grande Liakhov,
à 70 kmdes côtes au nord de la Sibérie,
est en effet un immense cimetière
demammouths à ciel ouvert. Et depuis
quelques années, réchauffement
climatique oblige, ressurgissent
du pergélisol des carcasses entières,
dans un excellent état de conservation.
Des mastodontes de 3 mde haut, 5 de
long, qui pesaient entre 6 et 8 tonnes
et qui arpentaient la Grande Liakhov
entre 800000 et 12000 ans avant notre
ère. Et les scientifiques se prennent à
rêver. Et s’ils retrouvaient un cadavre
demammouth laineux dans un parfait
état de conservation ? Et si, grâce aux
progrès de la génétique, ils parvenaient
à cloner cemammouth et à le faire
revivre… ?
Depuis longtemps déjà des
généticiens et des paléontologues
espèrent secrètement redonner vie
aumammouth. Mais l’opération est
loin d’être simple. Déjà, parce que
l’ADN est fragile : jusqu’à présent,
n'ont été retrouvés que des brins
abîmés, fragmentaires qu’il faut donc
reconstituer. Ensuite, parce que cloner
unmammouth impliquerait une
gestation dans le ventre d’une femelle
éléphante – une espèce voisine. Or
une expérience similaire avec une
grenouille éteinte n’a pas permis la
survie des embryons plus de quelques
jours.
Mais il n’y a pas que lemammouth
laineux qui intéresse les scientifiques.
Des grenouilles donc, mais aussi le tigre
aux dents de sabre et tout récemment,
le grand pingouin, disparu depuis
lemilieu du XIX
e
siècle. Ce procédé a
désormais un nom : la « dé-extinction ».
Si les techniques de « dé-extinction »
ne sont pas encore tout à fait au
point, les chercheurs sont confiants
et estiment que d’ici une vingtaine
d’années tout au plus, une espèce
éteinte foulera à nouveau le sol
terrestre.
Vous imaginez bien sûr l’étape
suivante, les dinosaures et le parc
jurassique. C’est toutefois peu
probable, les grands sauriens étant
éteints depuis bien trop longtemps
pour qu’on puisse exploiter leur
ADN. Néanmoins, à défaut du parc
jurassique, vous pouvez peut-être vous
prêter à rêver dans un futur proche
d’une balade à dos demammouth
laineux, en Russie, dans le bien nommé
« parc du pléistocène ».
RdM
BILLET D'HUMEUR
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DANS LA VAGUE
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Porto,
Portugal
Charlotte
Grenier,
63 ans,
retraitée
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