Magazine #5 RDM - Rivages du Monde - page 48

RDM Magazine
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N°5
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octobre–janvier 2016–2017
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Maria Sharapova, du conte de fées à la chute
Tous les ingrédients étaient réunis. Devenue la sportive russe la plus
connue et reconnue dans le monde, Maria Sharapova avait franchi
les unes après les autres les étapes indispensables à l’écriture d’une
légende. Jusqu’à ce lundi 7 mars 2016 où, à un mois de ses 29 ans,
elle a convoqué la presse pour lâcher elle-même l’une des plus
grosses bombes du sport mondial : son contrôle positif au meldonium
lors de l’Open d’Australie disputé quelques semaines plus tôt. Un
choc, même si l’ancienne n°1 mondiale a bien insisté sur le fait qu’elle
prenait, pour des raisons de santé, cette substance depuis 2006 et
que celle-ci n’était illégale que depuis le 1
er
janvier de cette année.
Qu’il s’agissait en vérité d’une négligence de sa part plus que d’une
volonté de tricher.
Un choc donc car si l’en était une qui jusque-là personnifiait les
valeurs du travail, de la persévérance et de la force mentale, c’était
bien Maria Sharapova. Pas forcément très appréciée de ses pairs
– c’est un euphémisme –, perçue comme une beauté aussi glaciale
que glaçante, la blonde « Masha » imposait néanmoins le respect sur
les courts de tennis, où elle est l’une
des rares à avoir remporté au moins
une fois les quatre tournois du Grand
Chelem.
Et, plus récemment, chez les experts
en business, elle qui, sportive la mieux
payée au monde 11 années de suite,
est également devenue une redoutable
femme d’affaires à la tête d’une floris-
sante marque de bonbons (Sugarpo-
va). D’après le magazine Forbes, en
2015, elle avait gagné 29,7 millions
de dollars. Si ses coéquipières ne se
sont jamais gênées pour expliquer
aux journalistes qu’elle parlait russe
avec un accent américain, Maria
Sharapova représentait bel et bien la
réussite sociale à la russe. Ce n’est
pas pour rien qu’elle avait fait partie
des quatre derniers relayeurs de la flamme olympique à Sotchi, une
ville dans laquelle elle a passé cinq années de son enfance, avant de
s’envoler pour la Floride à l’âge de sept ans avec son père et en tout
et pour tout 700 dollars en poche.
Avec la suspension de deux ans dont Maria Sharapova a écopé
après son contrôle positif, il va sans doute être un peu plus compli-
qué de rêver. Pour elle comme pour le public. Pourtant, elle continue
encore et toujours à se battre pour, espère-t-elle, revenir encore plus
forte. Elle s’est par exemple inscrite à la Harvard Business School cet
été. Parce que, quand on vient de Nyagan, une ville pétrolière de
Sibérie, et qu’on est « arrivée là », on n’abandonne pas. Impossible.
1 => La joueuse de tennis s'explique
devant les médias au sujet des
résultats positifs à un contrôle anti-
dopage, le 7 mars 2016.
2 => Maria Sharapova, 14 ans, frappant
un revers à l’occasion d’un match
contre Monica Seles lors des
Masters Series à Indian Wells, en
Californie le 7 mars 2002. Elle a fait
ses débuts professionnels à Indian
Wells et a remporté son 1
er
match
de premier tour avant de perdre
contre Seles en 2 sets expéditifs au
second tour : 6-0, 6-2.
3 => Maria Sharapova remporte son
2
e
tournoi du Grand Chelem en
septembre 2006 en simple. Elle bat
en finale de l'US Open la belge
Justine Hennin. Elle atteint la
2
e
place du classement WTA pour
la 1
ère
fois cette même année.
4 => Maria Sharapova participe au
lancement de chocolats de sa
marque de confiseries Sugarpova,
lors du Chicago Sweets & Snacks
Expo, le 24 mai 2016 à Chicago
aux États-Unis. En marche pour la
reconversion ?
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