RDM Magazine #6 - Rivages du Monde - page 22

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RDM Magazine
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N°6
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mars–juin 2017
ICÔNE
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DANS LA VAGUE
© Shutterstock
ICÔNE
L E T R ANS AT
Par Sébastien Righi
¬
L
e transat est né au beau milieu de l’Atlantique à la fin du XIX
e
siècle.
Il tire son nom apocopique de ces croisières « transatlantiques ». Ces
bains de soleil étaient destinés à l’origine aux classes fortunées qui ef-
fectuaient la traversée entre l’Europe et les États-Unis. Car il fallait bien
occuper les passagers durant ces longs voyages !
Les modèles préexistants ne se prêtaient guère à la mobilité et au pliage néces-
saires sur un paquebot. Le climat changeant imposait un rangement rapide des
sièges extérieurs dans un espace restreint. C’est ainsi que sont apparues ces
« chaises de pont » en bois canné en rotin, pourvues d'un repose-pieds et d'ac-
coudoirs. Sur le paquebot
France
, les transats des premières classes étaient en
aluminium. Chaque transat était alors privatif et payant. Réservé pour la tra-
versée et par avance, il arborait le nom de son locataire. Il ne s’échangeait ni ne
se prêtait et bénéficiait d’un emplacement réservé. Un signe parmi d’autres de
distinction sociale sur ces paquebots transatlantiques.
Le transat se démocratise après 1936 avec l'instauration
des congés payés en France. On le retrouve alors
sur les plages dans une version simplifiée,
sans accoudoirs. Une toile solide rem-
place le rotin sur un châssis générale-
ment en teck, en acacia ou en hêtre.
Comme sur le ponts des navires,
il invite chacun à la paresse.
S’allonger, se vautrer, s’affaler,
s’étendre et se détendre, pour
le plus souvent ne rien faire
sinon l’essentiel : profiter du
temps qui passe.
RdM
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