RDM Magazine #6 - Rivages du Monde - page 91

mars–juin 2017
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N°6
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RDM Magazine
89
EMBARQUEZ
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L'INTERVIEW EN COULISSES
Librairie portugaise et brésilienne,
19-21 rue de Fossés Saint-Jacques, 75005 Paris
RDM : D’où vous vient cette passionpour lemonde
lusophone ?
M. C. :
À 25 ans, j’ai été nommé professeur de biologie au ly-
cée français de Lisbonne dans le cadre de la coopération mi-
litaire. Et là j’ai découvert une ville extraordinaire, une langue
passionnante et une culture méconnue en France. Très vite
je me suis aperçu que cette culture avait été mondialisée dès
le XVI
e
siècle par ce mouvement des Grandes découvertes,
qui ne touche pas uniquement le Brésil mais toute l’Afrique
jusqu’aux mers d’Extrême-Orient. Cette aventure humaine
et cette histoire de la première mondialisation m’ont absolu-
ment passionné.
RDM : Voilà pourquoi vous avez fondé cette librairie ?
M. C. :
Effectivement. Je la dirige depuis 30 ans. Notez que
c’est la seule librairie de langue portugaise en France. Et
c’est également pour cette raison que j’ai créé une maison
d’édition au départ pour publier les sources de cette histoire
des découvertes portugaises. 25 ans après, la collection
Magellane
– au sein des éditions Chandeigne – est riche d’une
cinquantaine d’ouvrages.
RDM : Racontez-nous votre activité de conférencier à
bord des croisières ?
M. C. :
J’ai commencé à faire des conférences sur des bateaux
de croisière en 2000 pour Athaeneum. Principalement sur le
Douro, pendant 15 ans. Et quand Rivages du monde a racheté
l'entreprise, j'ai poursuivimes conférences en élargissantmon
champ aux voyages dans le Grand Nord : Norvège, Spitzberg,
Islande, Groenland.
RDM : En ce qui concerne la croisière
Sur les routes
brésiliennes
, quels thèmes allez-vous aborder ?
M. C. :
Nous sommes 2 conférenciers à bord. J’ai choisi de
traiter le sujet quim’occupedepuis plusieurs années : le voyage
des plantes vivrières. On sait tous que la pomme de terre et la
tomate viennent d’Amérique. Mais on ignore que les haricots
aussi et plus frappant encore le manioc qui va devenir la
nourriture de base des Africains. Cette croisière est l’occasion
de parler des plantes brésiliennes, souvent amazoniennes,
découvertes par les Portugais et qui vont gagner les autres
continents dès le XVI
e
siècle. Avec beaucoup d’anecdotes
pour pimenter ces conférences. D’ailleurs à propos du
piment : ce sont les Portugais qui l’ont introduit en Inde ! On
est vraiment devant un phénomène inouï de mondialisation
de l’agriculture et des habitudes alimentaires.
RDM : C’est la croisière idéale pour cette thématique…
M. C. :
En effet cette croisière qui passe par le Cap-Vert
jusqu’au Brésil retrace cette grande route des échanges entre
les continents. Et en remontant l’Amazone, nous pénètrerons
au cœur de cette biodiversitémondiale. C’est l’occasion idéale
de parler de ces plantes que l’on va peut-être même manger
aux repas. C’est un sujet de biologie, d’histoire mais aussi de
culture en rapport direct avec la vie quotidienne sur le navire.
RDM : Vous passez 20 jours sur le navire, comment se
passe la vie à bord ?
M. C. :
Au-delà des conférences, je suis souvent sur le pont
où j’aime regarder la mer et je suis disponible pour parler de
n’importe quel sujet avec les croisiéristes. Et c’est souvent le
cas d’autant que ma connaissance du monde lusophone ne
date pas d’hier !
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