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DANS LA VAGUE

012

N° 1 / 2015

ÉCONOMIE

2015, L’ANNÉE DU

GRAND MARCHÉ COMMUN

EN ASIE DU SUD-EST ?

Avec 630 millions de

consommateurs et potentiellement

la septième économie mondiale,

la future Communauté économique

de l’ASEAN (AEC) doit entrer en

vigueur à la fin de l’année 2015.

Cependant certains pays,

Cambodge et Birmanie en tête,

semblent très en retard pour

cette intégration.

Sur le papier tout est prêt. Les dix pays que regroupe

l’ASEAN s’apprêtent à former un marché commun d’ici

décembre 2015 : accord de libre échange, baisse des tarifs

douaniers, libre circulation des biens et des personnes

et, à terme, création d’une monnaie commune.

Cependant, la très forte disparité de développement et

des niveaux de vie entre ces différents pays met à mal ce

bel élan unitaire. Songeons que le Cambodge ou la Bir-

manie comptent parmi les pays les plus pauvres de la

planète alors que Singapour caracole en tête du peloton.

Aussi la libre circulation des individus sera-t-elle

surement restreinte aux seuls travailleurs qualifiés

d’après Surin Pitsuwan, l’ancien secrétaire général de

l’ASEAN, afin d’éviter une fuite des cerveaux et des

compétences. De même pour la monnaie unique : une

monnaie virtuelle calculée par la Banque asiatique de

développement, l’Asian Monetary Unit (AMU), compo-

sée d’un panier de 13 monnaies asiatiques, préfigure une

union monétaire, mais l’échéance semble davantage à

long terme.

Autre point d’interrogation en cette année 2015, l’insta-

bilité politique de la Birmanie. Exclu en 2006, le pays

n’est revenu sur le devant de la scène qu’en 2014 lorsqu’il

a assuré la présidence tournante de l’ASEAN. Les élec-

tions de novembre diront si la normalisation du régime

se poursuit.

Enfin les réformes structurelles nécessaires pour un pays

tel que leCambodge sont colossales à si courte échéance.

Selon l’AMU,

« le pays doit avant tout éradiquer la corruption

et accélérer la réforme du domaine douanier pour promouvoir

la transparence »

.

Que penser alors ? De toute évidence, l’échéance d’un

marché commun sur le modèle de l’Union européenne

devra être repoussée ou ne s’appliquera que de façon

partielle, secteur par secteur.

Par Tina Besse.

REVIVAL LADA

Lada est unmythe au Chili. Importées en 1987 à des prix

défiant toute concurrence, les voitures soviétiques font

fureur. Dans les années 90, tous les taxis roulent en

Lada. Les publicités, aujourd’hui cultes, relaient cet en-

gouement à travers toute la population et façonnent la

mémoire collective. Disparue en 1998, le retour de la

marque a été mille fois annoncé. En vain. Après 17 ans

d’absence, Lada semble bel et bien prête à reprendre sa

place. Reste à savoir si le nouveau design séduira encore

les Chiliens !

Par T. B.

MÉKONG :

LES BARRAGES ENRAGENT

Rebondissement dans la construction du barrage de

Cheay Areng au Cambodge construit avec l’aide de la

Chine : le premier ministre cambodgien, Hun Sen, a an-

noncé récemment qu’aucune approbation ne serait ac-

cordée avant 2018 et que les études d’impact se poursui-

vraient. Cependant, les villageois de la vallée d’Areng,

comme ailleurs en aval duMékong, craignent que la des-

truction de leur écosystème et de leur mode de vie ne

soit que reportée. En effet, onze projets hydroélectriques

sont en attente au Laos et au Cambodge. Les opposants

soulignent que les barrages bloqueront le flux de sédi-

ments nécessaires aux rizières du delta au Vietnam et

perturberont la faune et en conséquence toute l’écono-

mie de la pèche au Cambodge. Ultime paradoxe : seule-

ment un dixième de l’énergie produite par ces barrages

bénéficiera à ces deux pays.

ParWithney Light