Rivages du Monde - Brochure Maritimes 2018 - page 21

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Croisières maritimes 2018
Islande
La première fois que je suis allée en Islande,
c'était en 2006. Et ce fut un choc immense.
D'abord parce que je découvrais pour la pre-
mière fois ces paysages époustoufflants, que
l'on ne voit nulle part ailleurs. Mais ausi parce
que j'ai découvert un peuple qui est profondé-
ment attaché à la nature et aux éléments qui
l'entourent. Il est toujours étonnant et émou-
vant d'observer quelqu'un écouter le vent, le
bruit des vagues... Ce sont des langages qui
nous semblent abscons, mais qui pour eux
sont fondamentaux et vitaux. Cette symbiose
présente chez beaucoup d'Islandais se retrouve
dans les arts, la littérature, la musique, Bjork
forcément, qui a parfois réalisé des enregistre-
ments au cœur de ces
« emmotionnallandscapes »
.
Pour beaucoup d'habitants, l'île est même peu-
plée d'étranges personnages tels que les elfes,
que quelques rares Islandais (environ 5 % de
la population) ont eu la chance d'apercevoir.
Quoi qu'il en soit, il convient à chacun de les
protéger. Et ce n'est pas qu'anectodique. Mes
amis de France ont trouvé cela risible, quand
je leur appris qu'une autoroute avait été déviée
en raison... d'une communauté d'elfes qui vi-
vait sur son tracé. Mais derrière toutes ces his-
toires qui semblent à d'aucuns incongrues, se
cache un enseignement précieux : l'Homme
est un habitant de la Terre, mais il n'en est pas
prioriétaire ! Ainsi, chaque Islandais a bien
conscience de sa place au sein de cette nature
qui ne manque pas de se manifester parfois
avec force. Mais ils n'en ont pas peur, ils ont
décidé de vivre en harmonie avec cette terre
exceptionnelle. – Vicky Ennelson, croisiériste.
L’Astoria
La première fois que j’ai embrassé l’Astoria du
regard, c’était à Rouen. Le paquebot était ama-
ré dans le grand port de ma ville natale. Je de-
vaism’y rendre pour prendre des photos et em-
barquer quelques jours durant pour rejoindre
les côtes anglaises. Je découvrais alors pour la
première fois un navire de cette envergure.
« La taille est plutôt raisonnable »
, me sussure-t-on
à l’oreille. Plus jem’approche, plus il me semble
grand, haut, d’une fierté et d’une majesté qui
en imposent. Mais alors que j’arrive presque à
son flanc, babord ou tribord me dirait un ma-
rin ou un capitaine, j'en découvre les lignes
élancées, gracieuses. J’emprunte ensuite la pas-
serelle qui me mène à l’intérieur de la coque.
Je suis saisi par le contraste. L’intérieur tranche
avec la sobrité de l'extérieur par sa décoration
aux multiples ornements, aux détails art nou-
veau et aumobilier art déco, lustre, rampes... Je
suis projetté dans une autre époque. Me voilà
rassuré. Je ne vais pas passer trois jours dans
ces énormes hotels flottants à l’allure et au de-
sign standardisés. L’Astoria a de la gueule, de la
personnalité, il me raconte déjà notre histoire,
celle d’un voyage que nous allons partager et
dans lequel je me sens d’emblée en confiance.
– Philippe Hébert, photographe.
Îles Lofoten
J’habitais en Norvège depuis longtemps déjà
et pensais donc en avoir saisi toute la diversi-
té : les fjords échancrés et labyrinthiques de
Bergen n’offraient plus de secrets pour moi,
pas plus que les terres septentrionales aplanies
de Laponie, pays des Sâmes et des aurores bo-
réales. Pourtant, un jour de juin, je décidais
d’embarquer pour les îles Lofoten ; un univers
majestueux et inoubliable s’ouvrit alors devant
moi. À mesure de l’avancée du navire, les im-
menses falaises sombres, les à-pics déchiquetés
aux sommets encore couverts de neige réson-
nant des cris des mouettes tridactyles, enfin les
Rorbus, humbles maisons de bois des pêcheurs
de morue colorées du rouge sang des baleines
de Minke, apparurent. Salué à Å par le vol d’un
aigle de mer, enivré par l’odeur des morues sé-
chant sur leurs innombrables claies, je partis
à la découverte de ce qui est aujourd’hui pour
moi le plus bel archipel du monde. Passant de
Flakstad, incroyable baie de sable blanc aux
émeraudes, àReine, village de rêveniché à l’abri
des vents d’ouest, baigné par la lumière irréelle
de l’été scandinave, je me promis alors de tou-
jours y revenir. – Frank Dartiailh, guide.
Échos de croisières
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